Cette semaine, j’ai décidé de laisser entrer un peu plus de hasard dans ma vie et de me faire réviser, même si mon bac va avoir 20 ans, le chapitre « lâcher prise ». Mais bon, ma chance c’est un peu comme mon pouvoir de visualisation, c’est à dire, même pas la moyenne. Tout a commencé quand des pompiers m'ont vendu un ticket de tombola. J'ai acheté sans réfléchir, comme un achat compulsif avant de passer à la caisse de Primark. J’ai perdu, mais comme disent tous les perdants pour se consoler, le principal c’est de participer et de claquer 2 euros pour rien.
Quelques jours plus tôt, direction un restaurant avec des amies. Au programme: un menu mystère. Enfin ça, nous l'avons décidé volontairement. Parce qu'en réalité, pendant que le serveur nous expliquait le concept, aucune de nous n'était réellement présente et ne comprenait ce qu’on devait choisir. Personnellement, j'étais occupée à répondre à une question d'une importance nationale qu’elles m’avaient posée juste à mon arrivée: qui pourrait remplacer Mickaël Goldman à la direction de la Star Academy? Donc moi, évidemment, pendant que le serveur détaillait les plats, mon cerveau organisait déjà des castings, même si pour moi c’était déja acté que je choisirai Lara Fabian. À côté de moi, mes amies débattaient. Moi, je hochais la tête avec l'assurance de quelqu'un qui comprend parfaitement ce qu'on lui raconte alors que je n'ai en tête que trois informations: le cocktail Chaos, a le flan vanillé que j’ai déjà repéré et Virginie Efira. Oui, parce que comme si cela ne suffisait pas à me mettre en difficulté, nous mangions dans un restaurant où la femme de mes rêves est déjà venue et aurait participé à certaines recettes. Autant vous dire que mon niveau de concentration était proche de celui d'un golden retriever devant un feu d'artifice. Donc, à un moment, une assiette est arrivée devant moi et j'ai découvert mon dîner exactement comme on découvre les résultats du bac. Avec appréhension, curiosité et l'espoir de ne pas avoir fait une erreur quelque part. En tout cas c’était délicieux et parfait. Et puis au milieu de tout ça, la chaleur à fait son arrivée. Et avec elle, cette étrange période de l'année où les terrasses se remplissent, les robes raccourcissent, les lunettes de soleil se multiplient et où une partie de la population semble soudainement animée par un seul projet: se pécho. Depuis quelques semaines, plusieurs de mes copines enchaînent les dates, analysent des profils, décodent des messages composés de trois mots et photo de plein pied, et parlent d'applications de rencontre avec le sérieux d'experts en géopolitique. C'est alors que mon cerveau, qui ne cesse jamais de tout mélanger, a fait un rapprochement: les rencontres amoureuses ressemblent exactement à un menu mystère. Tu ne choisis pas vraiment. Tu fais confiance à l'univers. Tu espères tomber sur quelque chose qui te plaît. Tu souris poliment même quand tu n'es pas convaincue. Tu fais semblant de comprendre ce qu'on t'apporte. Et parfois, ce qui est présenté comme une spécialité de la maison te donne surtout envie de demander l'addition.
Bref, cette semaine, entre une tombola où j’aurai pu gagner 1 plancha Tefal et un dîner dont je n'ai pas compris les règles, je me suis demandé si le hasard n'était pas simplement le vrai directeur de nos vies. Et surtout: quand il s'agit de commander un plat ou de chercher l'amour, qu'est-ce qu'il nous est réellement permis d'espérer? Vous avez 3 heures.
Voici ma réponse dans le FOLLOW PHILO.
FOLLOW PHILO - ma minute philosophique pour explorer quelques vérités cachées derrière les évidences de la vie quotidienne.
À force d'entendre parler de dates, de situationships, de partenaires de vie, de plans d'un soir, de relations ouvertes et de gens qui "voient où ça va", j'ai réalisé une chose: aujourd'hui, comprendre les relations amoureuses demande presque autant d'énergie que déchiffrer une carte de restaurant branché. Autrefois, c'était simple. Il y avait le couple. Point. Maintenant, il existe davantage de catégories sentimentales que de références dans le rayon yaourts d'un hypermarché.
Alors, dans un souci de clarté scientifique, j'ai décidé de traduire les relations amoureuses en langage universel : la nourriture.
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