Chronique d’un vendredi plus laitue romaine qu’Empire romain. À la sortie d’un théâtre, une hésitation banale : où dîner ? La suite implique une célébrité, un restaurant choisi trop vite et une salade César qui n’aurait jamais dû entrer dans l’Histoire. Rien que ça pour remettre en question tout un système de croyances et faire basculer la soirée.
Il y a des soirs où l’on ne cherche pas le bonheur, ni le sens de la vie, celui que Tal chantait en 2012 (oué déjà 14 ans) ni même une bonne adresse. On cherche juste à manger. Parce que manger c’est la vie, alors on veut être assis vite, sans avoir à comparer quinze menus sur Tripadvisor pendant que la faim transforme progressivement nos personnalités en ogres affamés. Ce soir là, je sortais du théâtre, cette zone floue où je me sens légèrement plus intelligente que la moyenne, mais pas assez pour prendre une bonne décision.
Très vite arrive la question rituelle : on mange où ? Celle qui donne lieu à des réponses aussi vagues que chiantes du genre: “comme tu veux”, “je suis ouverte”, “un truc simple”. Traduction : personne ne sait, personne n’assume, tout le monde a faim. À ce stade, notre seul objectif est de trouver un endroit correct, pas un restaurant pour la vie. C’est précisément dans ces moments de faiblesse collective que naissent les pires idées. Il suffit d’un détail, d’un signe, comme pour JJ Goldman. D’un truc qui, sur le moment, nous semble suffisamment rationnel pour arrêter de marcher. Ce soir-là, ce signe avait un visage. Ou plutôt une notoriété intermédiaire. Pas assez célèbre pour avoir un garde du corps, trop connu pour retenir notre attention de groupie de 15 ans. Le genre de célébrité qui fait dire “attends… c’est pas… si, non ?” avant de dégainer ton portable pour une photo en loucedé. À partir de là, le raisonnement était simple, bancal, mais unanime, fondé sur absolument rien, mais appliquée avec une confiance remarquable. Il y a eu une table. Une commande prise avec beaucoup trop de confiance : une salade César qui portait mal son blaze.
Ceci est donc le récit d’une décision absurde: une aventure banalement extraordinaire, où personne n’est vraiment responsable, à part peut-être la salade.
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