Chronique dans vendredi pluvieux mais heureux. J'ai découvert que vivre la vie de quelqu’un d’autre peut être drôle, sans changer la mienne. Je passe mes journées avec un chien, qui n'est pas le mien et à parler à des inconnus qui me sourient parce qu’il est mignon. Oui, il suffit d’un chien pour tester une autre existence sans bouger de chez soi.
Il y a deux types d’amis dans la vie. Ceux qui disent “trop hâte de te lire” et qui ne le font pas. Et ceux qui finissent réellement avec un double des clés, un chien, et une responsabilité morale plus lourde qu’un prêt immobilier. Moi, manifestement, je suis la deuxième catégorie. Ma gentillesse me perdra, mais j’aime mieux ça que d’être une menteuse.
Donc en ce moment, je fais du dog sitting. À la base, c’était un service rendu. Un petit dépannage amical. Un truc genre : “Oui bien sûr, trop mignon, ça va être sympa.” Résultat des courses: ma vie a basculé. Mais positivement FOR SURE.
Déjà, j’ai découvert une nouvelle routine. Je ne sors plus “prendre l’air”, je sors “parce qu’un être vivant me fixe avec un regard de boss mal luné”. Je parle maintenant à des inconnus dans la rue, parfois le matin, sans avoir bu mon premier café. C’est comme le soleil en ce moment : un exploit.
J’ai aussi appris que la pluie n’est pas une excuse. Tu peux être en pyjama, en chaussons tête de rennes, en pull trop large, trop troué, trop hideux et cheveux dans un état qui relève plus du grand bazar que de la coiffure. Le chien, lui, s’en fout. Il veut sortir. Et visiblement, il a gain de cause.
Autre découverte : je parle à ce chien comme si on partageait un bail. Je lui explique mes choix, mes horaires, mes projets. Je négocie même parfois. Et le pire, c’est que j’ai l’impression qu’il me comprend mieux que certains humains. En même temps, c’est facile, il ne peut pas me contredire.
Et alors son enthousiasme quand je dis “MANGER”. Je pensais sincèrement être la seule adulte capable de ressentir une joie pure et animale à cette annonce. Visiblement non. On est au moins deux sur cette Terre à considérer que la nourriture c’est la vie.
Bref, cette semaine je vous dresse un petit TOP. Un concentré de réflexions existentielles qui me sont arrivées entre deux averses de février, directement en pleine tronche. Tout ça parce que je m’étais dit : “ Cool Raoul, je vais vivre la vie des gens qui ont des chiens, mais sans leur job, sans leur rentrée d’impôts ou leur mariage raté.” Comme quoi, même une version test de la vie adulte peut provoquer des prises de conscience.
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