Lundi matin, je me réveille, encore à moitié collée à mon oreiller, et là : démission du premier ministre. Quoi déjà ? J’ai dormi combien de temps pour que le gouvernement tombe avant même que j’aie fait couler mon café ? Sérieusement, c’est un vrai jeu de chaises musicales, pire que tous les cœurs brisés qui arrivent sur l’île à la fin d’un épisode de télé-réalité.
Alors, évidemment, je commence à réfléchir. 28 jours de mandat, c’est court. Même mes CDD durent plus longtemps. Alors j’essaie de trouver des comparaisons. Qu’est-ce qui dure plus longtemps qu’un premier ministre sous haute pression ? Mon abonnement à la salle de sport (quand je faisais genre d’être abonnée), le pot de confiture entamé dans le frigo, le trajet pour aller voir de la vraie verdure, pas le square du coin… Bref, à peu près tout.
Et là je me dis : c’est fou, ça me fait presque rire. Je me surprends à imaginer le bureau du premier ministre vide, avec juste un post-it qui dit “Bon courage au prochain”. Je pense aux réunions qu’il n’aura jamais eues, aux mails qu’il n’aura jamais ouverts, aux cafés qu’il n’aura jamais bus… et tout ça en 28 jours.
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