Cette semaine, j’ai ouvert ma boîte mail et j’ai eu comme un vertige. Pas un vertige poétique, pas un vertige existentiel. Un vertige de foule. À la Edith Piaf des temps modernes. Comme si, en cliquant sur “réception”, j’avais ouvert la porte d’une salle des fêtes où cent inconnus me parlaient en même temps. Ils me souriaient, m’agressaient, m’ordonnaient de faire des choses, me faisaient des confidences ou des reproches… alors que je ne les connaissais pas.
Ça m’a frappée d’un coup : une boîte mail, ce n’est pas juste une suite de notifications. C’est une galerie de personnages qui surgissent sans prévenir dans ma vie. Des voix trop fortes, trop insistantes, trop sûres d’elles. Des gens qui me tutoient sans me connaître, qui me donnent des conseils non sollicités, qui m’annoncent des catastrophes ou des révélations comme s’ils étaient intimes avec moi.
Et là, je me suis dit : mais si ma boîte mail était une personne… ce serait sans doute la personne la plus relou de l’univers.
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