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Deux mondes, deux préoccupations (et un même amour du WhatsApp)
Il y a des jours comme ça où la vie nous confronte à des fins déchirantes. Aujourd’hui, c’est le clap de fin pour deux de mes aventures : la Star Academy et… mon CDD de vendeuse. Deux destins liés par un même fil rouge : l’émotion, l’intensité et une bonne dose de remise en question. Cette dualité se reflète jusque dans mes groupes WhatsApp. D’un côté, les jeunes mamans qui débattent biberons, poussettes et réveils à l’aube. De l’autre, les fans de la Star Ac en pleine analyse des évaluations, des choix de chansons douteux et des injustices du jury. Deux réalités parallèles, une même dramaturgie… et moi, funambule entre ces mondes fascinants.
"Pierre - Arnaud est passé à la purée !" (par souci d’anonymat le prénom à été changé et vous comprendrez par la suite que le choix n’a pas été fait par hasard) annonce fièrement une maman, photo floue à l’appui. Un cap important, un événement marquant. Pendant ce temps, dans un autre coin de WhatsApp, une nouvelle tout aussi capitale tombe : "OMG, Nikos habillé en Elvis qui chante Daddy Cool, c’est NON." Chacun ses étapes de vie.
Les nuits sont courtes pour tout le monde, mais pas pour les mêmes raisons. "Réveil à 4-5h depuis dix jours, ça pique." Ici, l’épuisement est palpable, les cernes creusées. Mais il l’est tout autant ailleurs : "Je sors du sport et j’ai beaucoup réfléchi : je trouve que niveau vestimentaire, ils ne font aucun effort quand ils vont en évaluation." Quand certains analysent le sommeil de leur progéniture, d’autres dissèquent les choix stylistiques douteux d’une promotion de jeunes artistes. Désolée mais les priorités ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Et aloooors ?! Dédicace Shy’m si tu me lis.
Les bouleversements du corps aussi sont un sujet d’étude. "Je suis ouverte à 1 doigt", lâche une future maman en pleine attente du grand jour. Amies de longue date ne veut pas dire qu’il faut tout se dire hein, je t’aime beaucoup mais ton vagin et moi on est pas assez potes pour ce genre d’information. "Arrêtez tout, c’est Toxic version Bollywood", l’info vient de tomber et c’est pas la poche des eaux, dans un tout autre contexte, mais avec la même intensité dramatique. Dans les deux cas, la patience est mise à rude épreuve, mais malheureusement il y en a qu’un qui s’est fini en fou rire, et je vous laisse deviner lequel.
Et les imprévus ne manquent pas. "Jean-Pierre s’est réveillé à 4h30 avec la couche débordante de fou." "Drame au château : c’est la semaine des binômes." Deux phrases, deux catastrophes. Entre une explosion de couche et un binôme mal assorti sur une reprise d’Adèle, le stress est le même, les conséquences tout aussi imprévisibles.
Les erreurs de jugement, elles aussi, font partie du parcours. "J’ai mangé de la terre et j’aurais pas dû", confesse un petit aventurier en herbe. J’ai pas fais d’études de nutrition enfantine mais je pense que oui, petit bambin tu n’aurai pas du, dieu merci depuis, tu fais de meilleures expériences alimentaires."Je m’avance un peu, mais je pense qu’elle va aussi servir à rien pour les évaluations", lâche une du groupe, avec la même résignation. Qu’on découvre les lois de la nature ou celles de la Star Ac, l’apprentissage se fait dans la douleur. Mais croyez-moi on s’en sort toujours grandis.
Les décisions logistiques ont leur importance. "Tu prends Pierre - Richard en porte-bébé ou en poussette ?" demande une maman en quête de praticité. Alors que pour d’autre, les évidences sont flagrantes et sans appel : "Fils spirituel de Mireille Mathieu", décrète une amie qui semble-t-il n’est pas fan de la coupe au bol, et on respecte. Dans les deux cas, il s’agit d’identifier la meilleure option pour affronter le monde extérieur.
L’analyse est pointue, presque scientifique. "J’adore à quel point on est sérieuses dans notre analyse." En toute modestie évidemment, nous nous sommes auto-proclamer Les Expertes de la Star Academy. Car oui, ici, on ne regarde pas la Star Ac, on la dissèque. Tout est passé au crible : les performances, les stratégies, les choix artistiques. “Après, je trouve globalement que les presta au prime sont un peu moins abouties que l’année dernière", constate l’une d’entre nous, soucieuse de la qualité du spectacle. Et bien sûr, une bonne stratégie est essentielle : "Je trouve ça logique mais au niveau stratégique, il faudrait faire partir une fille." La finale est 100% féminine, alors notre stratégie n’a pas été entendue. C’est pas grave on a des tenues beaucoup plus stylées que sur le prime.
Certains sujets nécessitent un travail d’investigation approfondi. "Avant de donner mon avis, il faut que je mène l’enquête à 7h18." Que ce soit pour savoir si le mouche-bébé est efficace ou pour comprendre les stratégies de nomination au château, la rigueur est de mise. Et parfois, l’enquête mène à des conclusions surprenantes : "Par contre, il y a eu une promo sur le tissu imprimé léopard." Un mystère non résolu, mais qui alimente de vifs débats. Critiquer, c’est avant tout savoir manier de l’art du “c’était mieux avant” et là on peut dire que j’excelle : “ Dans les nouvelles saisons, il y a quand même beaucoup plus de souplesse au niveau de l'enseignement.” Nan mais je me prends pour qui, pour sortir de telles balivernes, je devrai peut-être plus me préoccuper de ma souplesse à moi, au lieu de me prendre pour Alice Nevers : le juge est une femme.
Mais l’œil critique ne s’arrête pas là. "Ils sont pas beaux les garçons", tranche-t-on sans détour, comme un jury impitoyable de casting. On est pourtant pas à l’élection de Mister France. Et le style vestimentaire ? Un vaste sujet d’étude qui est l’un de nos sujets préférés, c’est notre côté Cristina Cordula : "Le styliste a donné signe de vie, c’était beaucoup moins pire que d’habitude." Un frémissement dans le bon sens, mais rien de transcendant. Finalement, tout cela nous mène à un constat sans appel : "C’est sympa, mais j’achèterai pas leur album." Dommage pour eux, ces pauvres artistes en herbe, mais soyons francs, on a pas achètes d’albums depuis 112 ans.
Pendant que certaines se questionnent sur les meilleures techniques pour éviter un rhume persistant "Je ne sais pas trop si le mouche-bébé, c’est bien" – et j’avoue de m’être posé la question, d’autres s’indignent devant des choix stylistiques douteux sur le prime : "La ceinture à strass, c’est non." Deux combats, deux quêtes de vérité. D’un côté, on cherche la solution idéale pour libérer un petit nez encombré, de l’autre, on débat sur la nécessité d’une intervention stylistique d’urgence.
Et pourtant, malgré toute cette rigueur analytique, ce sérieux quasi journalistique, il suffit d’un regard sur l’horloge pour nous ramener à la réalité : "On est trop marrantes “ à 23h33." Et là on est bien d’accord.
Et comme toute obsession mérite un espace dédié, nous avons bien sûr des groupes WhatsApp spécialisés : Pierre 4 Ever, en hommage à notre chanteur préféré, et Concerts 2025, pour organiser notre tournée mais pas des bars, faut pas déconner, on a quand même 30 ans passés.
Finalement, les groupes WhatsApp sont des refuges, des espaces d’expression où l’on trouve du soutien, du réconfort et des débats passionnés. Qu’il s’agisse de commenter un concours de chant ou de parler de bébé enrhumé, tout le monde a besoin de partager ses petites victoires et ses grandes frustrations. La vie, qu’elle soit rythmée par des biberons ou des primes télévisés, trouve toujours une oreille attentive au bout du clavier.
Et une chose est sûre : mes copines assurent dans leurs domaines respectifs. Alors, à vous, expertes en purée comme en élève jamais immunisé, merci pour ces débats passionnés. Avec DALS qui arrive, promis, je continuerai à jongler entre biberons et ballottage, poussettes et prestations presque râtées… avec toujours autant de sérieux (ou pas) 💛
Et toi, tu es plutôt team purée ou team prime-time ?
Et puisqu’on est dans l’art de l’analyse sans filtre, passons à une toute autre scène de théâtre : celle du commerce. Si les académiciens doivent enchaîner les évaluations sous l'œil du jury, les vendeuses, elles, passent leur quotidien à survivre aux clients avec un sourire figé. Mais si elles répondaient vraiment ce qu'elles pensent...
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