Chronique d’un vendredi en moonboots : Paris sous la neige et on fait comme si c’était la première fois. Les Parisiens glissent, râlent, postent sur Insta et se prennent pour des chiens de traîneaux. Entre écoles fermées, bus bloquées et ski en folie moi je regarde ce cirque hivernal en me moquant, évidemment. Parce qu’en vrai c’est juste l’hiver.
Cette semaine Paris s’est réveillée en mode boule à neige IKEA qu’on aurait secouée un peu trop fort. C’est la surprise générale. Sidération collective. Panique douce et forte à la fois. Patatras il neige. En janvier. En hiver. Les trottoirs sont blancs, les stories aussi. Les groupes WhatsApp s’emballent : « T’as vu la neige ??? » Non. Personne n’a vu. On vit tous sans fenêtres a Paname c’est bien connu.
Les Parisiens marchent bizarrement, comme s’ils découvraient l’existence de leurs pieds. Les enfants crient. Un peu comme d’habitude vous me direz, mais là non. Les pigeons, eux, jugent en silence.
On parle de “conditions exceptionnelles”. De “phénomène rare”. De “situation inédite”. Alors que rappelons-le : janvier + hiver = froid + parfois neige. C’est pas une équation à la Einstein à ce que je sache ?!
Mais ici, à Paris, dès qu’un flocon touche le sol, on a l’impression d’avoir été téléportés au pôle Nord sans préavis. Les gens sortent leurs plus gros manteaux “au cas où”. Les cafés font des photos de chocolat chaud comme s’ils avaient inventé la recette. La RATP, fidèle à elle-même, annonce qu’elle “s’adapte”. Dans son langage, ça veut dire que ça va être le bordel.
Bref, aujourd’hui, on va parler de ça. De cette neige parfaitement normale mais traitée comme un événement mondial. De cette capacité incroyable qu’on a à s’émerveiller, puis à se plaindre, d’un truc qu’on connaît pourtant bien. Bienvenue dans ce grand mystère : l’hiver… en hiver.
...