Rika Zaraï chantait “Sans chemise, sans pantalon”…
Moi, cet été, je vis sans cerise, sans pantalon Décathlon, sans primeur, sans prof de danse, sans programme clair, sans objectif précis, sans envie de cuisiner, sans clim, sans vent, sans grande conversation. Voilà. Bienvenue dans ce que j’appelle affectueusement : le flou d’août (en juillet).
Le marché est fermé, ma prof de danse s’est envolée vers des contrées ensoleillées et moi, j’erre comme un petit légume abandonné dans le bac du frigo. C’est à ça que ressemble mon été : pas vraiment des vacances, pas vraiment de travail, mais plus vraiment un quotidien non plus. Un entre-deux, un sas sans règles où tout fout un peu le camp… sauf les moustiques, bien sûr. Eux, ils sont là. Présents. Dévoués. En mission. À croire qu’ils sont les seuls à ne pas avoir délégué leur job à un mail automatique.
Alors forcément, quand tout part à vau-l’eau, les discussions prennent des chemins inattendus.
Samedi dernier, entre une partie de “Qui est-ce ?” et un projet de vacances au Portugal, une amie m’a dit très sérieusement :
“Mais franchement, sortir sans soutien-gorge, c’est un peu vulgaire non ?”
Et là, j’ai senti une montée de température (intérieure). On a débattu pendant 40 minutes. J’ai transpiré plus de l’âme que des aisselles. Et en rentrant, je me suis dit : “Ce sujet mérite largement une place dans 1H17.”
Parce que si l’été est la saison des peaux qui collent et des règles qui sautent, c’est aussi celle des grands “sans” : sans montre, sans obligations, sans hiérarchie vestimentaire… Alors forcément, ça interroge : qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on lâche ? Et surtout : est-ce qu’on peut vivre libre, vraiment, si on n’ose même pas virer un soutien-gorge sous 32°C, sans passer pour une sauvageon(ne) ?
Bref, un vendredi comme on les aime : sans cerise, sans pantalon Décathlon, mais pas sans humour.
Bienvenue dans l’épisode 31.
...
